samedi 16 juillet 2016

Concours "La soudaine apparition de Hope Arden": la gagnante!



C'est donc Petite G qui remporte le livre cette fois. 

Merci de m'envoyer tes coordonnées postales sous 8 jours à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à toutes pour votre participation et à bientôt pour d'autres concours!

jeudi 14 juillet 2016

"Le monde caché d'Axton House" (Edgar Cantero)


Suite au suicide d'Ambrose Wells, un lointain cousin d'Amérique qui s'est défenestré à l'âge de 50 ans comme son père avant lui, A. hérite du gigantesque et mystérieux manoir nommé Axton House. Il y débarque avec Niamh, jeune Irlandaise muette que sa tante Liza a chargée de veiller sur lui. Dès les premiers jours, il découvre que le majordome s'est enfui, que le défunt a laissé des instructions codées et qu'une grande réunion avait lieu à Axton House chaque année au moment du solstice d'hiver. Il commence également à faire des rêves récurrents aussi vivaces qu'inquiétants. Et que dire de la présence qui semble hanter la salle de bain? 

Je suis une hyper-rationnelle qui aime, le temps de ses lectures, croire à la possibilité de phénomènes paranormaux, à l'existence de dimensions invisibles pour l'oeil humain. Des histoires d'occultisme, j'en ai lu énormément sur la fin de mon adolescence. Leurs intrigues prometteuses à la base se révélaient généralement boiteuses ou décevantes et me laissaient frustrée à la fin. Au bout d'un moment, j'ai estimé avoir fait le tour du genre, et j'ai plus ou moins abandonné. Jusqu'à ce que j'entende dire beaucoup de bien du roman d'Edgar Cantero et que je profite de sa sortie en poche pour en faire l'acquisition. Je me préparais à être déçue cette fois encore et... c'est tout le contraire qui s'est produit. 

Immédiatement, j'ai été séduite par la narration déstructurée, composée d'extraits de carnets intimes, d'extraits d'ouvrages scientifiques, de lettres et de retranscriptions d'enregistrements audio ou vidéo à partir desquels le lecteur peut sans peine suivre le fil du récit. Et mon intérêt n'a jamais faibli tout au long des 500 pages du roman, tandis que l'auteur convoquait tous les poncifs du genre - manoir lugubre en plein hiver, fantômes créés par une ancienne tragédie, rêves hallucinatoires, expériences sur la télépathie, portes dérobées, messages codés, jeu de piste à travers le monde, sociétés secrètes, références à la mythologie - et les mélangeait avec assez d'habileté pour former un tout cohérent autant que bourré de suspens. Certains éléments m'ont évoqué "Malpertuis" ou "La maison des feuilles", d'autres "Le projet Blair Witch", d'autres encore l'oeuvre de H.P. Lovecraft et certaines campagnes du jeu de rôles "L'appel de Cthulhu". Dosés à la perfection, ils créent une sorte de murder party surnaturelle et haletante. Quant à la fin, le moment toujours si casse-gueule dans ce type de roman... Je dirais qu'elle peut se décomposer en trois volets; j'ai adoré le premier, trouvé le deuxième un peu trop abrupt et été franchement scotchée par l'épilogue. Bref, "Le monde caché d'Axton House" est une grande réussite, et sans doute mon roman préféré depuis le début de l'année. 

mardi 12 juillet 2016

"One" (Sarah Crossan)


Grace et Tippi sont plus que des soeurs jumelles: des siamoises. En-dessous de la taille, elles n'ont qu'un seul corps pour deux. On avait prédit à leurs parents qu'elles ne vivraient pas longtemps; pourtant, elles ont dépassé les seize ans et mènent une vie relativement heureuse malgré l'alcoolisme de leur père. Celui-ci étant au chômage depuis trop longtemps, la mère de Grace et Tippi leur annonce qu'ils n'ont plus les moyens de leur faire donner des cours à la maison et qu'elles vont devoir fréquenter un lycée ordinaire. Les jeunes filles craignent d'y être un objet de curiosité malsaine, mais elles se font rapidement deux amis précieux: Yasmeen, qui vit avec le virus HIV depuis sa naissance, et Jon dont les parents l'ont abandonné. Bientôt, hélas, leur santé commence à décliner...

Oui: encore une histoire d'ados confrontées à la mort. Mais celle-ci présente deux particularités. Tout d'abord, elle est rédigée entièrement sous forme de poésie en vers libres. Ensuite, elle a été jugée assez remarquable pour qu'on lui attribue cette année la prestigieuse Carnegie Medal. Pour ma part, j'avoue ne pas savoir quoi en penser. Je l'ai lue très vite, essentiellement parce que chacune de ses 400 pages ne représente guère que l'équivalent de deux phrases complètes, et bien évidemment j'ai eu le coeur serré à la fin, parce que c'est le sujet qui veut ça. Mais autant je ne suis pas contre un petit texte en vers libres à l'occasion, autant sur tout un roman, ça me donne l'impression de rester à la surface des choses sans jamais les approfondir. Peut-être est-ce le seul moyen que l'auteur a trouvé de traiter un sujet extrêmement délicat sans tomber dans le pathos ou le voyeurisme; je ne sais pas. Toujours est-il que, bien que dégageant une émotion indéniable, "One: Winner of the Cilip Carnegie Medal 2016" m'a laissée un peu sur ma faim.

Ce roman n'est pas encore traduit en français, mais de par la simplicité de son style, il me semble assez abordable pour des gens avec un niveau d'anglais moyen qui voudraient se mettre à la lecture en VO. 

lundi 11 juillet 2016

"In the unlikely event" (Judy Blume)


Aux USA, Judy Blume est une auteure culte, connue pour ses romans jeunesse qui dépeignent sans fausse pudeur les maux de l'adolescence féminine. Elle fut notamment une des premières à évoquer de front des sujets tels que les règles ou la masturbation, et elle parle incroyablement bien de la naissance de l'amour et de la sexualité. Amanda Palmer lui a consacré une merveilleuse chanson, une très belle démonstration de l'impact qu'un écrivain peut avoir sur son public. Personnellement, je l'ai découverte il y a vingt ans avec un de ses rares romans pour adultes, "Summer sisters" (en VF: "Soeurs d'un été") dont je recommande d'ailleurs très chaudement la lecture.

Dans "In the unlikely event", elle s'inspire d'une incroyable tragédie survenue dans sa petite ville natale du New Jersey lorsqu'elle était jeune. Durant l'hiver 1951, en moins de deux mois, trois avions de compagnies différentes s'écrasèrent au décollage ou à l'approche de l'aéroport voisin de Newark, faisant au total plus d'une centaine de victimes. Sur la base de ces événements réels, l'auteur bâtit l'histoire d'une communauté d'habitants dont les vies s'entremêlent et vont être affectées de différentes façons par le triple drame. Le jeune journaliste volontaire dont la carrière se retrouve ainsi lancée. La fille de bonne famille qui se voit hantée par l'esprit d'une danseuse morte dans le premier crash et bascule dans l'anorexie. L'étudiant prometteur qui, bouleversé par la disparition de sa petite amie, renonce à aller en fac pour s'engager dans l'armée en pleine guerre de Corée. L'adolescent logé dans un foyer pour orphelins qui devient un héros du jour au lendemain. Comme toujours, Judy Blume peint une galerie de personnages extrêmement humains, crédibles et vivants. Et elle restitue à merveille l'atmosphère du début des années 50 aux US, notamment le poids des conventions sociales encore imposées aux femmes mais aussi les rumeurs de conspirations communistes ou d'expériences extra-terrestres. Bref, encore un roman dont je vous recommande très chaudement la lecture. 




vendredi 8 juillet 2016

"La pâtissière de Long Island" (Sylvia Lott)


Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale: à New York, chez deux de ses frères. Avec pour seuls bagages son coeur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, la jeune fille débarque à Brooklyn par ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l'entoure. Elle est bien loin de se douter de l'incroyable destin que lui réserve le Nouveau-Monde. 
Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie. 

Au début, j'avoue avoir été stupéfaite par les similitudes entre "La pâtissière de Long Island" et "Un goût de cannelle et d'espoir". Dans les deux cas, une jeune Allemande émigrée aux Etats-Unis vers le milieu du siècle dernier s'y fait une place grâce à son don pour la pâtisserie et, devenue vieille dame, narre son existence mouvementée à une quadra en pleine dérive pour la remettre sur les rails. Heureusement, l'atmosphère des deux romans n'est pas du tout la même. Au lieu d'un drame sous le régime nazi, Sylvia Lott propose une histoire feel-good et gourmande, où l'héroïne n'affronte rien de plus grave que le mal du pays et quelques déconvenues amoureuses tandis qu'elle découvre New-York et les moeurs américaines.

Soumise et conciliante au début, Marie se crée des expériences, forge ses propres opinions et gagne peu à peu son indépendance sans jamais renier ses origines ou sa famille. Le roman se concentre exclusivement sur sa vie pendant les années 30, puis sur sa rencontre, au début des années 2000, avec une Rona en pleine remise en question. Guidée par la sagesse de son aïeule, la plus jeune des deux femmes va complètement bouleverser sa vie et, ce faisant, trouver sa propre place tout en refermant une boucle d'une façon aussi symbolique qu'émouvante. "La pâtissière de Long Island" est un délicieux roman initiatique, un pur plaisir de lecture que je vous recommande chaudement en cette période estivale.

dimanche 3 juillet 2016

"Les lumières d'Assam" (Janet MacLeod Trotter)


1904. Malgré la mort de sa mère et l'alcoolisme de son père, Clarissa Belhaven coule une douce jeunesse dans la plantation de thé familiale, en Assam. Mais le développement des méthodes d'exploitation industrielle met Belgooree en grande difficulté, et au décès de leur père, Clarrie et sa jeune soeur Olivia se retrouvent ruinées. Elles quittent l'Inde pour l'Angleterre, où elles sont recueillies par un cousin dont l'acariâtre épouse les fait travailler comme des esclaves dans leur pub d'un quartier populaire de Newcastle...

Ceci est un roman historique à l'eau de rose. Rien n'y manque: ni la courageuse héroïne qui ne se laisse jamais abattre par les coups du sort, ni la petite soeur fragile et capricieuse qu'elle a juré de protéger, ni les revers de fortune étourdissants, ni les individus affreux qui ont juré sa perte et s'acharnent injustement sur elle, ni bien évidemment l'homme très beau mais très arrogant qu'elle prétend détester et qui fait battre son coeur malgré elle.

Mais il faut admettre que c'est drôlement bien foutu, et que je ne me suis ennuyée à aucun moment durant ma lecture. J'ai surtout aimé le début qui se passe en Inde, dans une modeste plantation de thé au milieu des montagnes, puis l'évocation des progrès de la condition féminine dans l'Angleterre d'avant la Première Guerre Mondiale. Telle une Scarlett O'Hara anglo-indienne, Clarrie se bat pour son indépendance dans une société encore conservatrice et hostile, surmontant un par un les obstacles placés sur sa route. Et bien qu'ultra-prévisible, l'histoire d'amour prend finalement peu de place dans le récit. Bien écrit et savamment dosé, "Les lumières d'Assam" fera un excellent bouquin de plage.

vendredi 1 juillet 2016

Concours: "La soudaine apparition de Hope Arden" (Claire North)


Dois-je encore vous présenter Claire North, alias "l'auteur du meilleur bouquin que j'ai traduit de toute ma carrière"? Après "Les quinze premières vies d'Harry August" et "Touch", je vous propose de gagner un exemplaire de son troisième roman récemment paru aux éditions Delpierre. Ici encore, il s'agit d'un individu qu'un pouvoir extraordinaire autant qu'incompréhensible isole du reste de l'humanité. 

Hope Arden, fille d'un policier anglais et d'une réfugiée soudanaise, ne marque pas la mémoire des gens qui l'entourent. Dès qu'ils ne l'ont plus sous les yeux pendant une minute, ceux-ci l'oublient purement et simplement. Ne pouvant occuper un emploi ordinaire ni avoir des relations normales, la jeune femme devient une voleuse au toupet stupéfiant. Jusqu'au jour où sa route croise celle de Perfection: une application qui, à travers leurs données personnelles, prend le contrôle de la vie de ses utilisateurs... 

Pour gagner un exemplaire de "La soudaine apparition de Hope Arden", laissez-moi un commentaire en me disant quel est votre super-pouvoir pourri au quotidien (exemple: Chouchou a "dispersion de nourriture" - en mangeant, il arrive à s'en coller jusque dans des endroits qu'on pourrait croire tout à fait inaccessibles, tandis que j'ai "bouts de doigts indétectables par les écrans tactiles" - une des raisons pour lesquelles je me refuse à prendre un smartphone). Clôture du concours vendredi 15 à minuit, et annonce du résultat durant le week-end. Envoi en Europe uniquement. Bonne chance à tous!